Issam Ben Khelifa ← Retour au programme
CHANTIER 03

Énergie et climat

Baisser les émissions sans faire payer la transition à ceux qui n'ont pas le choix. La ligne de ce chantier : la contrainte climatique est réelle, et elle sera d'autant mieux acceptée qu'elle est répartie honnêtement.

Version de travail proposée au débat citoyen. Les points marqués « en débat » seront arrêtés dans le document complet, publié à l'issue des ateliers de la rentrée.

Mix décarboné assumé : nucléaire prolongé, renouvelables accélérés

La France a une chance rare : une électricité déjà largement décarbonée. Nous proposons de prolonger les réacteurs existants tant que la sûreté le permet, de mener le nouveau nucléaire sans zigzag politique, et d'accélérer en parallèle les renouvelables. Non pas l'un contre l'autre, mais les deux, car l'électrification des transports et de l'industrie va faire bondir la demande.

L'engagement de méthode : une trajectoire énergétique votée pour dix ans, révisable sur données publiques, pour sortir des revirements qui renchérissent tout.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

Le rythme exact de déploiement renouvelable par filière et les arbitrages fonciers qui vont avec (agrivoltaïsme, éolien terrestre).

Rénovation thermique financée sans avance de trésorerie pour les ménages

Aujourd'hui, les aides existent mais il faut avancer l'argent et naviguer dans un maquis administratif : ceux qui en ont le plus besoin renoncent. Nous proposons le tiers-payant de la rénovation : l'aide est versée directement à l'artisan, le ménage ne débourse que son reste à charge, connu avant travaux.

Et un garde-fou : un contrôle qualité indépendant après chantier. Une rénovation ratée est une double peine : argent public dépensé, passoire toujours là.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

Le barème du reste à charge selon les revenus et le traitement des copropriétés, angle mort récurrent des dispositifs actuels.

Trains du quotidien prioritaires sur les grands projets de prestige

Chaque euro ferroviaire ira d'abord aux lignes que les gens prennent tous les jours : RER, TER, petites lignes, fret. Les grands projets nouveaux passeront après la remise à niveau de l'existant. C'est un ordre de priorité, affiché et opposable.

Pourquoi c'est un choix climatique : le report modal ne se décrète pas, il se gagne par la fiabilité. Un TER supprimé renvoie vingt voitures sur la route le lendemain.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

La liste des lignes prioritaires et le sort des grands projets déjà engagés : arrêt, report ou poursuite, au cas par cas et en public.

Prix plancher pour les agriculteurs sur les produits de base

On ne peut pas demander aux agriculteurs de produire mieux tout en les payant en dessous de leur coût de revient. Le prix plancher garantit que les produits de base ne s'achètent pas en dessous d'un coût de production documenté, indicateurs publics à l'appui.

L'articulation avec le chantier 01 : le panier à prix encadré pour les consommateurs se finance dans les marges intermédiaires, pas dans le revenu agricole. Les deux mesures se tiennent ou tombent ensemble.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

Les filières couvertes en premier et la gouvernance des indicateurs de coût de production (qui les calcule, qui les vérifie).

Voiture électrique : leasing social pérennisé, bornes partout

Le leasing social (une voiture électrique autour de 100 € par mois sous conditions de revenus) a prouvé une chose : quand l'alternative est abordable, les Français la prennent. Le dispositif a été victime de son succès, puis suspendu. C'est l'inverse d'une politique.

Ce que nous proposons : pérenniser le leasing social et le dimensionner à la demande, en le réservant progressivement aux véhicules produits en Europe ; et un plan bornes prioritaire là où il conditionne tout : les territoires ruraux et les copropriétés.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

Le seuil de revenus, le volume annuel cible, et le rythme de la conditionnalité européenne selon l'offre disponible.

Plan eau : réparer avant d'agrandir

Un litre sur cinq fuit des canalisations avant d'arriver au robinet. Avant de construire de nouvelles retenues, la première politique de l'eau consiste à ne pas perdre celle que l'on a.

Ce que nous proposons : un plan décennal de réparation des réseaux financé avec les agences de l'eau, une tarification progressive (les premiers mètres cubes, ceux de la vie quotidienne, moins chers ; les usages de confort, plus chers), et l'adaptation prioritaire des écoles et des Ehpad aux canicules.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

La tarification progressive suppose des compteurs individuels, absents de beaucoup d'immeubles collectifs : périmètre et calendrier à trancher, ainsi que la gouvernance locale des arbitrages d'usage.

Électricité industrielle au coût du parc : produire en France redevient rationnel

La France produit une électricité parmi les moins chères et les plus décarbonées d'Europe, et ses industriels la paient au prix des crises. Cet avantage compétitif national est aujourd'hui rendu aux marchés, pas aux producteurs.

Ce que nous proposons : des contrats de long terme adossés au coût de production réel du parc pour les électro-intensifs et les PME industrielles : c'est le pendant industriel du plafonnement proposé aux ménages au chantier 01. C'est aussi un levier de relocalisation : une usine qui paie l'électricité au juste coût n'a plus la même raison de partir.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

L'architecture post-Arenh exacte et la part qui se négocie à Bruxelles : ce qui dépend de l'Europe sera dit comme tel.

Pas d'alternative, pas d'obligation

ZFE, chaudières, passoires thermiques : quand l'interdiction arrive avant l'alternative, la transition devient une punition pour ceux qui n'ont pas le choix, et chaque punition fabrique des adversaires au climat.

Ce que nous proposons : une règle de méthode valable pour toutes les interdictions d'usage : aucune ne s'applique à un ménage tant qu'une alternative accessible et financée n'existe pas pour lui : prêt à taux zéro véhicule propre, tiers-payant rénovation, dérogations travail et santé. Les objectifs climatiques restent ; c'est le chemin qui change. Cette règle sera attaquée des deux côtés, c'est précisément son intérêt.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

La définition opposable de « l'alternative accessible » cas par cas, et qui en juge : critères nationaux, appréciation locale.

Fret ferroviaire doublé

La loi fixe déjà l'objectif de doubler la part du rail dans le transport de marchandises, mais personne ne l'a financé. Chaque train de fret, c'est une quarantaine de camions en moins sur l'autoroute.

Ce que nous proposons : des péages ferroviaires ajustés pour rendre le rail compétitif, des autoroutes ferroviaires sur les grands axes, et la priorité aux sillons de fret dans la remise à niveau du réseau, en cohérence avec la priorité aux trains du quotidien : c'est le même réseau que l'on répare.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

Les conflits d'usage du réseau entre fret et voyageurs, arbitrés publiquement axe par axe.

Cantines publiques : 80 % local ou de qualité

L'assiette publique (écoles, hôpitaux, Ehpad, administrations) sert des milliards de repas par an. La loi promettait 50 % de produits de qualité ; on en est loin. Pendant ce temps, des producteurs français vendent à perte à côté de cantines qui importent.

Ce que nous proposons : porter l'objectif à 80 % de produits locaux ou sous signe de qualité dans la restauration collective publique, en s'appuyant sur la commande publique du chantier 01 et le prix plancher agricole de ce chantier. Le surcoût pour les communes sera compensé, selon la règle du chantier 04 : pas d'obligation nouvelle sans le budget qui va avec.

EN DÉBAT DANS LES ATELIERS

La définition du « local » compatible avec le droit de la commande publique, et le calendrier par type d'établissement.

Sources des chiffres cités. Pertes des réseaux d'eau potable (environ un litre sur cinq) : observatoire national des services d'eau et d'assainissement (Sispea). Leasing social (véhicule électrique autour de 100 € par mois sous conditions de revenus) : dispositif gouvernemental lancé en 2024, suspendu après épuisement de l'enveloppe. Objectifs de produits durables et de qualité en restauration collective : loi Egalim et bilans officiels d'application.

Une de ces mesures vous semble mal ciblée ? C'est exactement ce que la consultation sert à détecter.

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